Léon et Noëlie

Léon et Noëlie

Synopsis

Ma grand-mère Noëlie s’est éteinte en 2003. J’évoque aujourd’hui les moments passés à ses côtés. Je n’ai pas connu mon grand-père. Léon s’est éteint peu de temps après ma naissance. Léon et Noëlie ont vécu dans une grande maison à la campagne. Celle-ci fut un symbole de rassemblements et de célébrations pour toute la famille. Je me projette à travers les époques avec nos photos et nos films de famille.

Genèse du projet

J’ai découvert la maison de mes grands-parents (à St-Thomas) en 2012 après les obsèques de ma tante Sylvie. Cette maison m’a marqué de par son architecture, sa localisation, son état etc… Pour moi, une âme se dégage de ce lieu. C’est à cette époque que je me suis intéressé au quotidien de mes grands-parents dans cette maison. J’ai commencé à rechercher et à trier des centaines de photos. Ces dernières témoignent de toute une époque. Cette maison était un symbole de rassemblement et de célébration pour toute la famille : fiançailles, mariages, anniversaires, repas du dimanche etc…

L’idée de faire un documentaire sur mes grands-parents m’est venu trois ans plus tard. C’était important pour moi de réunir toutes ces photos, toutes ces vidéos de mes grands parents dans un film. Je voulais leur rendre hommage et préserver, sauvegarder les souvenirs de ma famille. Plusieurs idées de mise en scène me sont alors venues, notées dans un petit cahier : plan de caméra embarquée (à la manière des films de Raymond Depardon), reconstitutions etc…

Un long travail de numérisation fut nécessaire. D’abord pour les vidéos, avec la recherche d’un caméscope compatible HI8 (celui d’origine étant hors service) pour la récupération des films de famille sur DVD. Puis pour les photos, avec la recherche d’un scanner haute-définition pour les photos, les diapositives et les négatifs. J’ai fait le tour de ma famille afin de numériser un maximum de photos. Ce fut émouvant de découvrir certaines photos (notamment celles de la séquence diapositives). Plusieurs journées de tournage ont été organisées à St-Thomas et à Toulouse. La méthodologie consistait à rédiger puis à suivre un directeur de plan. J’ai interviewé les membres de ma famille (mes parents, oncles, tantes) à de nombreuses reprises. Leur récits n’étaient pas à la hauteur de mes espérances et n’ont finalement pas été utilisés dans le documentaire. Ils n’étaient pas à l’aise devant la caméra. J’ai fait ma rentrée au début du mois d’octobre 2018 à L’École Nationale Supérieure d’Audiovisuel (ENSAV) de Castres. Je devais réaliser dans le cadre de la Licence professionnelle un projet personnel. Après quelques jours de réflexions, il fut pour moi une évidence de faire passer ce projet documentaire en tant que projet personnel à L’ENSAV. C’était une nouvelle impulsion pour ce projet qui n’avançait plus. De plus, l’accompagnement pédagogique était une bonne opportunité.

Le premier découpage de mon film était trop chronologique, trop linéaire. Le montage est désormais axé sur les « allerretour » dans le temps. Ce dernier alterne entre images d’archives et images actuelles, comme un bouillon, un mélange. Cela apporte beaucoup plus de relief et de rythme à la narration. J’ai contacté Amanda Robles (réalisatrice de documentaires) pour des conseils d’écriture. Elle m’a conseillé de raconter une seule histoire et non pas plusieurs. Cela risquait d’être trop long. Un documentaire court mais, condensé était à privilégier. Il fallait répondre à une seule problématique tout au long du documentaire. Je me suis donc recentré sur ma relation avec ma grand-mère, en évoquant aussi l’image d’un grand-père que je n’ai pas connu. Revenir sur les lieux où ont vécu mes grands-parents offrait aux spectateurs d’une part des allers-retours intéressant dans le temps mais aussi, une petite enquête. Ces derniers devaient percevoir l’enjeu pour moi de réaliser ce documentaire. À savoir « voyager » dans mes souvenirs et voir ce qui reste de ces derniers aujourd’hui.

Difficultés

La voix-off

Je ne voulais pas faire de voix-off au départ car je pensais que le résultat ne serait pas concluant (capacités à rédiger un tel texte, réentendre ma voix). En réalité, celle-ci s’avérait indispensable pour que les spectateurs s’identifient. La rédaction de la voix-off n’était pas simple. Il m’a fallu beaucoup de temps de réflexion pour évoquer mes émotions, mes souvenirs tout en m’attardant sur la chronologie, les transitions, le rythme, la structure du film. Cet exercice m’a permis de renforcer mon sens de la rédaction pour l’écriture d’un film. L’enregistrement de la voix-off fut long, beaucoup de prises ont étés faites. Je n’arrivais pas à avoir une voix naturelle, spontanée. Je me suis enregistré face à une amie qui me posait des questions sur le texte. Le résultat n’était toujours pas concluant… Je me suis enregistré une dernière fois, seul, en faisant de mon mieux. Cette prise était la meilleure de toutes et a été utilisée dans la version finale du film.

Le montage

C’était difficile de couper certaines séquences des films de famille. Ces séquences, qui me touchent personnellement ne touchent pas forcément les spectateurs. Elles risquaient de créer des longueurs, d’impacter le rythme du film. J’ai appris à aller à l’essentiel. Je peaufinais, bricolais, coupais, collais des éléments par-ci, par-là, tel un artisan. Ma passion pour le montage s’exprimait. L’essence même du montage selon moi réside ici : c’est l’action de faire vivre littéralement les images en leur donnant du rythme et du sens.

La restauration photo

Certaines photos avaient souffert du temps : couleurs, poussières, traces d’usures etc… Il fallait restaurer chacune de ces photos sans les dénaturer. Ce processus fut relativement long et laborieux sur le logiciel Photoshop. Il m’a fallu effacer chaque poussière, chaque trace d’usure avec l’outil « correcteur localisé ».

Objectifs visés

Ce film a dépassé tous les objectifs que je m’étais fixés. J’ai exploité toute ma créativité. Les avis et les suggestions de chacun m’ont aidé à prendre les bonnes décisions dans l’écriture du film. Cette dernière a beaucoup évolué, je suis content de moi, en particulier pour le découpage du film.

J’ai eu quelques doutes, à savoir si les spectateurs allaient s’identifier ou non à ma famille… J’ai été surpris de voir que mes camarades ainsi que l’équipe pédagogique de L’ENSAV avaient été touchés. Chacun a vécu certains de ces moments avec leurs grands-parents, comme par exemple les grands repas de famille le dimanche. Ce film rend également hommage à tous les grand-parents, leur importance dans la famille. L’un de mes objectifs était d’apprendre à donner plus d’émotion à mes réalisations, un côté plus « humain ». Je voulais réaliser un film touchant, émouvant sans non plus tomber dans la mièvrerie. La pré-projection à L’ENSAV m’a permis de percevoir les différentes réactions des spectateurs. C’était important pour moi de voir si le film arrivait à transmettre cette émotion ou non. Ces derniers étaient réceptifs, riaient puis étaient silencieux lors de passages plus émouvants, signe que le film marchait bien. Cette projection aux côtés de mes camarades-spectateurs fut vraiment très enrichissante. Le retour des spectateurs est très important. La réalisation de ce film n’a pas seulement mobilisé et développé mes compétences audiovisuelles. Les nombreuses journées de tournage m’ont permis de cultiver mon sens de l’organisation. De même, la prise de contact avec plusieurs personnes (amis, ancien professeur, Amanda Robles, responsable de L’Ina etc…) et l’utilisation de mon réseau pour ce projet m’a permis de développer mon sens du dialogue.

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